Lewis Ofman : "la pop d’avant est super cool mais le problème c’est le mot pop pour aujourd’hui"

Interview publiée en avril 2018.

On aimerait parler de tes projets et de comment tu bosses, de ce que tu fais, tout ça. J’ai vu que t’étais super proche de la mode, que t’as fait des trucs avec AFTERHOMEWORK et du coup j’ai réécouté toute la bande son du début du défilé AFTERHOMEWORK.

 

Lewis Ofman : Oui celle-là c’était il y a assez longtemps, c’était il y a 2-1 an et demi.

 

 

Et ça s’est passé comment ?

LO : Alors lui je sais que sa copine je la connaissais du lycée et après en fait moi j’ai fait une hypokhâgne et je me suis retrouvé dans le même lycée où lui était, et du coup lui aimait bien ce que je faisais et donc quand je suis arrivé c’est un peu devenu mon seul pote dans le lycée. On a directement fait des choses ensemble, c’était évident. En fait au début j’ai fait un concert pour un de ses défilés et après j’ai fait toute la bande-son. Par contre on s’est un peu perdu de vue comme ça… Et j’en ai refait un, ah oui non c’est vrai j’en ai fait deux t’as raison ! Toi t’as écouté la dernière je pense ? Celle qui est sur YouTube ?

 

 

Mais ce qui est marrant c’est que tu dis que c’était un peu évident mais au final c’est pas si évident que ça parce que AFTERHOMEWORK c’est un truc super dark. Nous on l’a rencontré il n’y a pas longtemps, on était dans son bureau, on devait parler d’un truc avec un client et on a parlé pendant des heures. En fait ouais, sa vision de la mode et sa manière de faire de la mode c’est vachement déstructuré, avec des trucs arrachés…

 

LO : J’adore ça ! C’est violent !

 

 

Ouais violent ! Alors que toi tu as une musique qui est méga douce

 

LO : Ouais mais ce que j’aimais bien avec lui c’est qu’à chaque fois il me dit de faire des trucs un peu violents et du coup à chaque fois je me dépasse un peu parce que genre j’envoie des bruits métalliques tu vois, pleins de trucs comme ça que je ne fais jamais vraiment normalement et du coup ça permet d’explorer un peu une facette de moi et c’est super agréable. J’avais fais aussi, pour le demi-frère de ma copine qui faisait un défilé, ça s’appelle Maison Sentinel, c’était au tout début et j’avais fais ça pour lui faire plaisir. Ça permet vraiment surtout de dépasser les limites en fait, sur des trucs que tu n’aurais jamais fait avant.

 

 

Ce qui est marrant c’est que dans la bande-son, en tout cas que moi j’ai entendu, t’as ce côté super déstructuré, très AFTERHOMEWORK. T’as des défilés de mode où on suit quand même les pas, ce qui est obligatoire mais t’as aussi des moments de grâce, ou des moments où on sent que le nuage noir s’écarte et t’as un rayon de soleil, et du coup on a quand même ta patte dedans.

 

LO : C’est ça que j’aime bien justement, faire des gros contrastes avec des moments super dark et comme t’as dis, déstructurés et tout d’un coup tout se calme et c’est beau. Et là paf, je remets un truc qui casse tout encore une fois. Ça permet de faire des étapes et c’est super cool.

 

 

On le sent dans l’écriture d’une autre manière, mais dans l’écriture de tes titres il y a des moments qui me font moi super marrer quand, je ne sais plus, dans Plein de bisous, le mec saute à l’eau et juste la phrase « Et tu sautes dans l’eau », tu vois c’est un truc qui casse tout directement, qui casse la scène et qui créé un petit élément, une petite surprise. Donc c’est un peu une signature au final.

 

LO : Ouais c’est vrai qu’en général, il y a toujours ce genre de trucs et même mes fins de chansons j’aime bien les faire d’un coup, je ne sais pas pourquoi (rires).

 

 

Et en parlant de culture et en préparant l’interview, j’ai vu que tu en avais fait une avec Vogue. Tu parlais de Virgil Abloh en disant « ce mec est top… etc. » et entre temps il y a eu des actualités assez fortes pour lui notamment hier ou avant hier où le mec a été nommé pour Vuitton. Toi comment tu vois cette évolution, même de la mode et tout ça…?

 

LO : J’ai l’impression que ça se dématérialise. Un mec comme Virgil Abloh, ce serait compliqué d’expliquer son travail je trouve tu vois ? Parce que moi si j’ai bien compris ce qu’il faisait, en gros il utilise pleins de comparaisons avec Marcel Duchamp, justement ce truc de dire que tu mets une signature, et là du coup ça devient une œuvre d’art. Et lui ce qu’il fait avec les chaussures où juste il met ses petits guillemets avec son mot et bah c’est ça que j’aime bien moi tu vois. Je trouve qu’on s’approche plus de l’œuvre d’art que de la mode au final.

 

 

Il joue un peu des codes. Au final, il a toujours été autour de la mode sans jamais y être vraiment…

 

LO : Ouais c’est ça, parce qu’il est DJ aussi à la base.

 

 

Il est DJ à la base, il est aussi DA de Kanye West à la base et après il a monté une première marque qu’était méga simple, des hoodies des trucs comme ça tu vois, qui s’appelait Pyrex et où il mélangeait avec l’art justement. Il mettait des photos du Caravage donc vachement dark, gothique etc. Et déjà là, il créait des mouvements et des choses comme ça.

 

LO : Mais tu vois, il n’y a pas cette image du mec qui est super bosseur, j’ai juste l’impression que c’est un mec qu’est là, qui a des idées et même, c’est ça que je trouve cool mais du coup ça donne un peu le vertige aussi. Tu te dis c’est parce qu’il a aussi tout un truc de contacts autour de lui rend ces choses possibles donc t’as un peu cette impression aussi où ça ne paraît pas très très spécial. Ça fait un peu flipper, tu te dis putain, si ça se trouve je pourrais le faire.

 

 

C’est peut-être un peu le truc super générationnel où tu suis des gens sur Insta en te disant putain mais en fait moi je pourrais avoir leur vie au final, et en fait les mecs bossent comme des porcs. C’est comme le mec qui a créé Supreme, il a sortit une phrase un jour, il a dit « On travaille très très dur pour faire croire qu’on ne travaille pas du tout ».

 

LO : C’est comme dans les musiques au final, tu fais énormément de musique mais au final il n’y a pas beaucoup de choses qui sortent par rapport à tout ce que t’as fait. Mais c’est vrai qu’à chaque fois, il faut faire semblant que le truc est venu comme ça tu vois, je ne sais pas pourquoi.

 

 

Mais c’est ce qu’on voit un peu dans t’as musique parfois, en tout cas dans l’écriture, dans la naïveté etc. Tu te dis putain en fait c’est assez simpliste, assez naïf et en fait c’est super compliqué et super calibré.

 

LO : Au final oui, il faut bien se concentrer pour justement faire un truc léger parce qu’en fait je sais qu’en général quand t’écris et que tu ne veux pas faire un truc trop snob, un truc trop pédant, trop pompeux, bah il faut que tu te concentres parce que sinon tu fais juste suivre un peu ce que t’écoutes, ce que tu vois et du coup tu vas un peu recopier les autres et ça va faire des paroles nulles. En fait, j’essaie de faire les paroles les plus simples mais qui du coup vont mieux toucher parce qu’il n’y a pas d’images, il n’y a pas de trucs sauf qu’au final ça fait une image tu vois et c’est pour ça que c’est des paroles très crues, j’aime beaucoup ça moi la simplicité qui peut du coup concerner tout le monde. Genre moi ma peur ultime c’est qu’il y est quelqu’un qu’écoute ma musique et qu’il fasse « Ah oui mais ça c’est la musique d’un mec de la musique de Parisien » ou de la truc snob tu vois.

 

 

Mais il y a quand même tous les codes, tu vois, même jusqu’aux mannequins qu’il y a dans le clip, il y a Lila Cardona etc. C’est quand même les codes des mannequins parisiennes qui cartonnent, qui sont dans l’Officiel, dans Vogue et compagnie.

 

LO : Moi en fait je les connaissais pas. Je connaissais Adèle Farine, c’est un ami qui m’avait montré son profil mais sinon ouais c’était des filles que je ne connaissais pas. Mais oui du coup c’est marrant, tout le monde m’a dit « Ah t’as mis Lila Cardona », bah ouais. C’est surtout aussi les photographes « écoute chérie », qui eux pour le coup connaissent toutes ces filles là parce qu’ils font leur book et tout.

 

 

Et du coup ouais, on retrouve vachement ces codes là. Moi je trouve qu’on n’a pas du tout le côté pédant si ça peut te rassurer justement c’est le côté très très cool limite à l’extrême cool, même dans l’imagerie tout ça et c’est pour ça que moi vraiment j’aime vraiment vraiment beaucoup. Et ce qui est marrant c’est que tu fais ça, tu fais AFTERHOMEWORK et après tu fais du Rejjie Snow où t’as quand même toujours ta patte, ta signature mais tu vois on parlait du côté générationnel, de Abloh, d’imagerie, de tes clips tout ça mais c’est aussi le côté générationnel du mec qui touche à tout, qui est jeune et qui n’a pas trop de barrières en fait, qui s’en fou un peu.

 

LO : Ce que je dit souvent en fait, c’est juste que j’aime vraiment faire de la musique et c’est pour ça que du coup je me retrouve à essayer pas mal de choses parce que j’adore faire ça, c’est tellement cool tu vois et avec Rejjie Snow ça te permet de voir plein de trucs. Au début je faisais des petites prod comme ça et je me disais putain c’est super random. C’est super dur, déjà il faut essayer de te dire qu’il faut faire un truc qui soit chill, cool et tout mais pas non plus trop Hip Hop facile tu vois. Du coup c’est surtout le mood qui va jouer.

 

 

C’est difficile aussi de se mettre plus au service d’un artiste ? Parce qu’au final tu vois quand on regarde la tracklist etc., on va parler de Rejjie Snow en featuring avec Lewis Ofman. Alors qu’au final c’est toi dans ta manière de produire la musique, t’es plus dans une histoire de featuring, enfin tu vois tu accompagnes plus… Et je ne te parle pas du côté égo mais sur le côté construction du titre : c’est plus difficile de construire un titre pour un rappeur et tu sais que c’est sur son album ou c’est la même chose que quand tu fais pour toi ?

 

LO : Alors pour moi, je déteste, c’est impossible. Parce qu’en fait je suis tout seul et c’est moi qui doit se poser ces questions là. Ce que j’aime bien quand je produis pour quelqu’un, vu que ce n’est pas que moi et que au final c’est lui qui sera dehors avec et bah justement je fais confiance, je fais la musique avec lui. Moi c’est pour ça que j’aime bien être producteur parce qu’au final tu fais quelque chose dont tu vas explorer, tester des choses et ce n’est pas toi qui va te prendre tout, qui va être sous toutes les lumières et donc du coup j’aime bien tu vois, je le laisse faire son chemin et ça me permet moi aussi de comprendre des choses sur les structures. Parce qu’en fait quand t’es tout seul, et surtout quand la structure doit rester quelque chose de très objectif, parce que quand c’est toi qui fait la musique tu as toute la musique déjà, t’as tellement tout en tête et tu n’as pas forcément le bon feeling, le recul de te dire « Ah là, il faudrait machin… ». C’est pour ça qu’à deux c’est encore mieux, même si deux personnes font la même chanson, ça marche mieux comme ça parce qu’il y en a toujours un pour contrebalancer l’autre.

 

 

Et t’aurais pu le faire sur un artiste Hip Hop français ? Du type avec toute l’équipe Bon Gamin et compagnie, je pense que ça match de manière naturelle que sur un truc plus rap, plus street. Tu vois par contre Fianso ce serait chanmé !

 

LO : Ce serait ouf, oui ce serait super intéressant, mais après j’ai quand même l’impression que ce rap là, comme Siboy et tout je pense à ça, enfin c’est du rap où la prod est vachement plus effet studio, ce logiciel de beatmaker de rap où il y a un peu un côté jeu vidéo je trouve, parce que c’est vraiment de la boucle. C’est une façon beaucoup plus efficace de composer, où genre le beat tu vois c’est des grilles que tu remplies un peu comme des boîtes à rythme. Et du coup il y a ce truc où c’est pour ça que souvent les prod de ce genre de rap là se ressemblent beaucoup quand même, parce qu’il y a vraiment un système, une façon de faire.

 

 

Tu crois que c’est une histoire de logiciel plutôt qu’une histoire de major ou de commercialisation ?

 

LO : Après c’est une recette qui marche, ça c’est sûr, mais c’est vrai que c’est aussi une façon de faire qui va bien avec le rap en soi. Moi du coup en travaillant avec les rappeurs, j’ai compris que par rapport à l’écriture et même de ce que va devenir le morceau, c’est vraiment sur ce que eux ressentent au moment où ils entendent le son, sur comment il s’ambiance, quelle vibe ils ont tu vois. Et donc du coup, vu que c’est des prod qui se font très très vite parce que tout est efficace, j’ai l’impression qu’il y a aussi ce truc qu’il faut que c’est beatmaker là ils aient une vibe au moment où il le font tu vois ?

 

 

Parce que toi tu mets plus de temps à produire un son ?

 

LO : Bah en fait, vu que je suis assez dans la mélodie et l’harmonie, il faut que j’ai des bons accords, il faut que j’ai de belles mélodies tu vois donc soit ça peut venir tout seul soit ça vient pas, enfin c’est vraiment un truc d’inspiration en fait. Et en plus de la mélodie et des harmonies faut aussi avoir des idées sur comment tu vas mettre en forme le truc : quel genre de beat, quel genre de son, faire une batterie plus acoustique ou plus électronique avec des kicks sur tous les temps. En fait aujourd’hui, je trouve que tu peux tout faire, c’est bien comme c’est un problème. Et dès que tu fais quelque chose, c’est directement rapproché à d’autres styles de musique, à d’autres gens que je trouve vraiment cool que c’est de plus en plus dur de te trouver toi même.

 

 

D’ailleurs c’est difficile de te catégoriser toi. Après moi je trouve ça plutôt cool et je pense qu’à ta place je préfèrerais qu’on me dise bah t’es pas dans une catégorie et t’as le droit de voyager, de faire du Rejjie Snow, du AFTERHOMEWORK, du Sonia Rykiel et compagnie. Mais toi si tu devais te catégoriser, tu ferais quoi ? C’est de la pop ?

 

LO : Ah non mais tu vois moi le terme pop il me saoule de ouf !

 

 

Pourquoi ? Parce qu’il est daté ?

 

LO : Non parce que je trouve que la pop d’avant est super cool mais le problème c’est le mot pop pour aujourd’hui, c’est quelque chose qui revient tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps et qui au final fait un cercle super fermé mais qui est pour tout le monde, je ne sais pas c’est bizarre… Je déteste. Et surtout j’entends tellement de phrases tu sais genre « révélation pop, phénomène pop », c’est tellement des trucs qui me saoule, j’en peux plus de ce genre de musique. Vu que maintenant tout prend partout, tu vois des chanteuses comme Angèle qui prennent du rap, enfin tu vois, je trouve que maintenant les genres de musique c’est un peu obsolète. Enfin on en a besoin parce qu’il faut pouvoir se placer ou quoi, mais c’est quelque chose qui va disparaître.

 

 

Au final, un peu comme une interview mode et musique, comme la mode aujourd’hui quand tu regardes Abloh chez Vuitton, Abloh c’est un mec du PAP, tu vois c’est la culture street apportée à fond et il n’y a pas que lui tu vois, Balenciaga ils font des sneakers de ouf. Au final toutes les marques de haute couture qui rejetaient le Hip Hop à la base se sont mariés avec enfin tu vois…

 

LO : Bah ouais, c’est ce que j’ai vu sur l’article titré « street culture haute couture », parce que maintenant c’est comme ça, c’est ça que les gens kiff, donc du coup tout le monde kiff.

 

 

T’es jeune, t’as déjà fait pas mal de choses mais est-ce que tu as des envies ? Genre le cinéma ?

 

LO : Ouais le cinéma c’est tellement ouf, j’aimerais tellement faire toute la musique pour un film, mais tu vois moi ce que j’aimerais trop c’est faire tu vois le même thème en plusieurs fois, plein de trucs comme ça, c’est tellement ouf, je kifferais trop. Et justement là pendant ma résidence à Barcelone, j’ai composé trois chansons pour l’hôtel et du coup j’avais un peu des idées en tête donc les trois chansons ont un peu le même genre d’harmonie et c’est super agréable après quand t’écoutes et tout il y a un espèce de truc ou tout rassemble, tout est sur le même chemin et du coup il a des chemins un peu différents à des moments et sauf qu’à la fin tu retrouves le truc. T’as pas juste l’impression de faire des chansons mais de te rapprocher plus de l’art de la musique tu vois ? Parce qu’en fait c’est ça, pour un film, ou même pour les défilés, vu que ce sont des longs morceaux ou en tout cas de longues idées et bah c’est vrai que c’est plus agréable à faire peut-être parce qu’on se rapproche plus de l’art quoi. C’est pour ça aussi que je n’aime pas trop la pop, il y a ce truc de la chanson de 3 minutes, radio edit qui doit être vendue en fait et moi ça me saoule un peu ce truc. Je trouve qu’il y a vraiment tellement ça aujourd’hui. C’est pour ça que des mecs comme Flavien Berger j’aime beaucoup, parce que là ce sont des longues chansons de gros 14 minutes comme ça et les gens kiffent autant tu vois donc moi je pense qu’aujourd’hui il ne faut pas se retenir surtout qu’il y a tellement de moyens de publications maintenant, t’ouvres Instagram… Même des gens qui font rien ils sont super suivis donc quand tu fais quelque chose tu peux profiter et donc c’est pour ça qu’il ne faut pas se retenir à faire le plus de choses.

 

 

Ok donc ça c’est un des gros projet quoi, un des trucs que tu aimerais bien faire ?

 

LO : Ouais de ooouf

 

 

Et toi quand tu fais les clips, ils sont super graphiques tous, tu les fais avec une personne en particulier c’est ça ?

 

LO : Pour l’instant j’ai fais des clips avec écoute chérie et Benjamin Carillon mais ce sont des gens qui sont comme ça, que j’ai rencontré un peu au hasard. On s’est dit tiens, on va faire ça, on va faire ça mais là avec écoute chérie j’ai le sentiment d’avoir trouvé des gens que je comprends, on se comprend vraiment très bien.

 

 

Et tu t’impliques beaucoup sur la créa ?

 

LO : Alors pour les deux autres, je n’étais pas du tout impliqué et je regrette un peu. Par exemple, le clip de Flash je pense pour le coup que ça aurait été bien que je sois dans le clip tu vois, que ce ne soit pas juste des images comme ça. Et tu vois le clip de Plein de bisous, c’est moi qui suis venu avec écoute chérie et je leur ai dis « eh moi j’aimerais bien être sur le clip ». Tu vois juste le truc en mode fond blanc, un beau clavier, un bon style et genre c’est tout. Et pour la suite là on a déjà des idées, ça va être cool. En fait ce que j’adore avec eux c’est qu’ils sont super efficaces, ils sont super rapides, ils sont super cool. Ce n’est pas galère tu vois ?

 

 

Ok et donc là t’as pleins de titres qui vont sortir jusqu’à l’été c’est ça ?

 

LO : En fait la du coup j’ai un EP qui va sortir fin mai avec trois titres et en fait ces derniers mois j’ai fait beaucoup beaucoup de musique et en fait ces trois titres là c’est un peu un moyen de montrer aux gens, de les diriger vers qui je suis vraiment maintenant. C’est à dire qu’il y aura un peu une veine comme Flash avec des musiques dansantes et tout mais il y aura aussi ce côté là où je chante, où c’est assez mélodieux, où c’est assez slow parce que moi au final je suis un gros fan de slow, c’est vraiment ce que j’écoute le plus, ouais c’est des trucs comme Vladimir Cosma. La bande-son de la Boom j’adore, c’est trop bien et donc du coup voilà, ce que j’ai préparé pour après cet EP là qui va sortir c’est des chansons qui sont pour le coup un peu plus… Je ne saurais pas trop comment expliquer parce que moi aussi je suis un fan de toute la musique un peu Funk, Soul des années 70 et donc du coup en ce moment j’ai fait pas mal de mélanges de trucs comme ça et donc voilà c’est un peu pour préparer d’autres choses tu vois. Je me perds un peu (rires).

 

 

Non non mais je vois très bien. Donc tu continues d’écrire, tu chantes du coup sur celui-ci ?

 

LO : Ouais ouais ouais, je chante. En fait, il y aura trois chansons : une instrumentale et deux où je chante voilà. Et pour les chansons qui sortiront après c’est vraiment des chansons où je chante beaucoup aussi.

 

 

Et le but, même si ça ne veut plus rien dire aujourd’hui, c’est de faire un album ? Ou tu n’as la volonté que de sortir des projets courts comme ça ?

 

LO : Je pense que pour 2019, ce sera plutôt vers un LP, pas un album mais en tout cas là en fait vu que j’ai été pris dans la production d’autres choses, je n’ai pas eu ce moment qu’ont les artistes normaux enfin qui produisent pas pour des gens mais qui font juste leur truc avec la période où ils écrivent leur album, ensuite ils font les concerts, ils reprennent l’album… Moi ce n’est pas du tout comme ça, c’est un peu n’importe quoi et du coup on a prévu que début 2019 ce soit justement ce moment là où moi, Lewis Ofman, je produis vraiment quelque chose avec l’idée de le produire, de créer quelque chose.

 

 

Ouais moins dans un truc un peu à l’arrache, moins éparpillé. Ça ne te fait pas trop peur de changer un peu de méthode comme ça ?

 

LO : Non je pense que c’est justement ce dont j’ai besoin aussi. Je m’y prépare déjà parce que oui vu que j’ai perdu un peu ce truc que j’avais au tout tout début quand je commençais la musique et où je faisais juste vraiment de la musique. Il faut que je me remette dans ce truc de ok je fais ma musique, qu’est ce que je veux faire ? Et c’est dur aussi parce que quand tu chantes du coup ta chanson devient un peu plus pop, enfin ça devient un peu plus une chanson alors que si tu fais que une instru, on va te dire « ah bah c’est une instru, on écoute moins machin » enfin tu vois. J’ai envie d’essayer de trouver une faille dans tous ces codes qui casent en fait donc je réfléchis déjà à ce moment là en 2019 où je vais partir quelque part pendant un mois et je vais réfléchir à tout ça. Parce que là ouais en ce moment j’ai un peu envie de partir de tout ça tu vois ?

 

 

JB : Ouais une mise au vert et te reposer l’esprit quoi ?

 

LO : Ouais grave. Tout le monde ressent ça, avec tous les réseaux sociaux, tout ça…

 

 

JB : Si tu savais !

 

LO : Et en plus pour vous, j’imagine que ça doit être encore plus…

 

 

JB : Nous ouais… Bah je pars à Tokyo lundi, c’est pour ça hein. On y va de temps en temps et c’est vraiment dépaysant, tu ne comprends rien à ce qu’il se passe, tu lèves la tête et tu te dis putain mais tout est cool, tout est beau à voir. Donc moi je comprends ce que tu veux dire, tu dois avoir ce côté dans la musique, bon nous on l’a en tant qu’entrepreneurs mais c’est un peu le truc où on doit penser à mille choses en même temps, mais toi c’est le côté créativité non-stop…

 

LO : Ouais c’est ça et c’est super mis à l’épreuve par tous les réseaux sociaux. Tu vois ce que font les autres gens et c’est super parasite tu vois. Et du coup si tu passes toute la journée à regarder ça pendant que tu fais de la musique, du coup tu vas commencer un son et genre direct tu vas avoir l’image d’un autre gars, un autre musicien dont t’as regardé sa page, qui fait ce genre de trucs et tu te dis putain, c’est super fatiguant. De toute façon, j’ai l’impression que c’est le nouveau truc cool de ne plus être dans tout ça tu vois ?

 

 

JB : Ouais de casser tout ça, parce que c’est super compliqué. Moi je n’y arrive pas franchement.

 

LO : Non mais oui c’est super dur, parce qu’en plus le cerveau envoie des messages d’erreurs, c’est du social au final. Mais tu vois je trouve qu’il y a tellement de mecs comme Frank Ocean, c’est qu’aux Etats-Unis il y a tellement de communication autour de ces grands artistes, sans eux au final, qu’il n’y a plus besoin de tout ça. Moi mon rêve c’est bien sûr d’arriver au jour où je n’aurais plus besoin de montrer des choses parce qu’avant je ne sais pas mais ils n’avaient pas le temps de faire ça tu vois ? Pourquoi c’est devenu un besoin tellement important ?

 

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