Jamie Isaac : "Le sud de Londres est évidemment une partie importante de l'artiste que je suis."

Qu’est-ce que cela signifie pour vous de collaborer et de produire de la musique pour une marque comme Diamond Supply?

J: La mode et la musique sont très étroitement liées et vous collaborez toujours avec des gens qui ont de la grâce et une vision de la mode, et je pense que c’est ce que fait Diamon Supply. Moi-même je ne skate pas mais je traîne avec des gens qui skatent, je suis très proche de la culture du skate.

 

 

Donc tu as une affiliation à la culture skate?

J: Oui, exactement donc c’était une étape très logique.

 

 

J’ai eu une interview avec Nick Diamond et il m’a dit que pour lui il était très important d’inclure des gens dans ses projets qui comprennent l’ambiance de la marque et de Diamond Supply et qui soient authentiques, ett l’authenticité que nous trouvons dans votre musique, je pense que c’est un très bon lien.

J: C’est vraiment gentil de dire ça, merci et je dirais tout à fait la même chose et c’est l’authenticité dans la marque et dans la musique qui vont de pair.

 

 

De quelle manière Johnny Cash a-t-il influencé votre musique?

J: Je pense qu’il m’influence plus maintenant et dans la manière dont je fais de la musique aujourd’hui que dans la musique que j’ai faite dans le passé. Les paroles qu’il utilise sont très mélancoliques, elles restent dans un entre-deux où nostalgie et tristesse se croisent. Il n’utilise pas beaucoup de métaphores, ce qu’il dit c’est ce qu’il veut dire, il ne se cache derrière rien. Ce que je faisais à l’époque quand je remplissais mes chansons avec beaucoup de métaphores et personne ne comprenait vraiment ce que je disais, mais maintenant, j’ai compris ça et j’essaie de le rendre aussi simple, et fondamentalement dire ce que je veux dire quand ça se présente. C’est vraiment ce que j’essaie de faire maintenant.

 

 

Pourquoi avez-vous choisi cette cover de chanson en particulier?

J: La chanson « Sunday Morning Coming Down » est ma chanson préférée de Johnny Cash. Pour moi, c’est une des plus belles chansons qu’il n’ait jamais écrites. C’est très évocateur, se réveiller un dimanche matin en ayant la gueule de bois. Il y a une très grande tranquillité dedans, se réveiller et passer par votre placard, trouver votre t-shirt le plus propre et tout ça, et je voulais faire la chanson mais je ne sais pas si ça semblait triste, alors j’ai voulu la chanson et attirer l’attention sur les paroles pour les faire briller et mettre l’accent dessus.

 

 

Fondamentalement, c’est aussi la collaboration, parce que vous mettez votre influence et votre façon de faire personnelle dans la chanson.

J: Oui, je suppose.

 

 

Est-ce que ce sont d’autres artistes ou styles musicaux qui vous ont influencé parce que vous avez commencé à chanter dans une chorale d’église?

J: Je suppose que c’est là que tout a commencé pour moi. C’était une sorte de base autour de ça et j’ai été formé de manière classique, j’ai toujours eu cette influence classique avec beaucoup d’éléments de chorale. Cela a été une grande influence, puis j’ai commencé à faire du jazz, du hip-hop et de l’échantillonnage, et je suis devenu obsédé par cette musique, comme Eleven de Chet Baker (6.24) et tous les autres artistes américains de la côte Ouest, à la fin des années 50, tous ces artistes qui ont fondamentalement créé le Jazz.

 

 

Dans une interview une fois vous avez dit que vous écoutiez de la musique quand vous étiez plus jeune et que vous ne pensiez pas qu’ils influenceraient votre musique et maintenant quand vous écrivez de la musique, vous voyez qu’en fait ils le font.

J: Oui mais je pense que la musique est plus soul et funk et que c’était une musique que mon père jouait quand j’étais plus jeune et je n’y ai jamais vraiment pensé et maintenant c’est une de mes musiques préférées comme « Marvin Grey » qui est une influence massive pour moi. Quand j’ai écouté des disques plus anciens, j’ai réalisé que certaines des choses que j’utilisais étaient directement influencées par ces choses. C’est l’un des moments où t’es là « oh, je ne savais même pas! » et c’était un drôle moment où j’ai réalisé.

 

 

Le sud de Londres semble jouer un rôle important dans votre créativité. En tant que femme parisienne, pouvez-vous m’expliquer davantage pourquoi ? Parce que je n’y connais rien à cet endroit.

J: Le sud de Londres est évidemment une partie importante de l’artiste que je suis. La scène musicale a toujours été là depuis longtemps et ça a toujours été quelque chose de grandissant. Je pense que ce n’est que récemment que beaucoup de gens s’y sont intéressés. Il y a beaucoup de Jazz incroyable venant de cette région, des groupes étonnants, et aussi des groupes punk. C’est une partie de Londres énorme où beaucoup de musique étonnante arrive. Je pense que c’est plus le sentiment, la vie derrière ça, qui est la chose la plus intéressante. C’est une sorte de personne très spécifique qui est née et a grandi dans le sud de Londres et c’est une partie très différente de la ville. Dans le passé, d’autres ne vous prenaient jamais au sérieux quand vous étiez musicien du sud de Londres et maintenant beaucoup de gens veulent déménager dans le sud de Londres pour être pris au sérieux. Toute la scène a changé et il est bon de voir ça et ô combien d’influence cette partie a.

 

 

Vivez-vous toujours dans le sud de Londres?

J: Oui, je vis encore ici.

 

 

Si vous deviez déménager dans une autre ville, où que ce soit?

J: Je dois dire que j’aime Paris. J’aime le quartier autour de Bastille et je vais une fois par an à Paris par moi-même, me détendre. Juste pour m’amuser et c’est toujours un moment incroyable et je vais toujours écouter de la musique et des groupes. J’aime ça et j’aime l’architecture, j’aime les gens et leur style. C’est un super endroit.

 

 

Comment décririez-vous personnellement votre musique? Quel mot utiliseriez-vous pour le décrire? Parce que je peux le décrire moi-même, mais je préfère l’entendre de votre part.

J: C’est toujours difficile quand on doit la décrire parce que parfois c’est juste un mélange d’influences mais je pense que j’ai beaucoup d’amour pour la musique électronique, c’est là que mon amour a commencé. Je dirais qu’elle est très jazzy, pop avec des influences hip-hop, donc je l’appellerais beat jazz pop. Comment le décririez-vous?

 

 

Je dirais du jazz mélancolique.

J: (rires) Oui, ça sonne mieux que ma description, tu devrais l’utiliser.

 

 

(rire) Non, je vais utiliser vos mots, peut-être même pour le titre.

J: À partir de maintenant j’appellerai ma musique jazz mélancolique!

 

 

Si tu pouvais collaborer avec un autre artiste, qui serait-ce?

J: C’est un groupe japonais qui m’a beaucoup influencé et avec qui j’aimerais collaborer, et aussi un rappeur de Chicago qui s’appelle « No Name », la musique est vraiment incroyable.

 

 

Quels sont vos prochains plans et déplacements après cette grande collaboration avec Diamond Supply?

J: Donc la prochaine étape c’est plus de singles et ensuite un album qui sortira début juin. Après ça, je vais faire un grand show à Londres et j’ai quelques shows à Paris puis à New York et à Los Angeles pour quelques concerts et puis je reviens à écrire plus de chansons et plus de sorties. C’est à peu près toute mon année.

 

 

As-tu quelque chose à dire à tes fans parisiens?

J: Continuer juste d’écouter ma musique et merci pour le soutien et je vous aime beaucoup. J’espère qu’ils continueront à écouter le prochain album que je publierai.

 

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